Il y a des livres qui, comme des bons vins qui se révèlent en bouche après quelques instants, prennent tout leur sens… à la fin. La conversation amoureuse d’Alice Ferney est de ceux-là, l’un des meilleurs même que j’ai pu lire.
Un homme séduisant, une femme enceinte de son mari qu’elle adore, une rencontre, un rendez-vous, une discussion. On se laisse emporter par ce dialogue entre ces futurs amants – car très vite on sent qu’il va se passer quelque chose, et on le souhaite très fort -, dialogue parfois intérieur. Elle se pose des questions sur le désir qui commence à naître alors qu’elle porte la vie. Lui, Gilles André, se laisse guider par ses émotions et l’attraction irrésistible qu’il ressent pour cette belle Pauline Arnoult. Entre, des couples – leurs amis – se posent des questions comme peuvent se poser les couples. Parfois romancé et d’autres fois criant de vérité, le livre se déroule comme une balade durant laquelle on est mené par le bout du nez : le lecteur, pendu aux lèvres des deux protagonistes, attend qu’il se passe ce qui doit se passer, que le désir charnel soit consumé jusqu’au dernier souffle. Un roman sensuel dont l’histoire est sans surprise, puisque l’on sait la fin, mais qui vaut vraiment le détour. Le style littéraire, un brin désuet, est tout simplement envoûtant. Un petit bijou doux, chaud et léger, comme une sieste un rien coquine à l’ombre d’un chêne au bord d’une rivière par une après-midi d’été. Une délicieuse volupté ! A essayer d’urgence !
Pour ma part, je sais déjà que je vais très vite me procurer un autre livre de cet écrivain fabuleux qui a abordé bien des thèmes différents… Et vous ?
J’avais bien aimé “Grâce et dénuement” de cet auteur mais je suis assez sceptique. Une belle plume, un sujet qui fait écho à notre vie, des émotions bien rapportées simplement la manière de rapporter les conversations sous forme de dialogues intégrés au coeur du texte avec des dit-il et dit-elle à chaque phrase m’a rendu pesante cette lecture.